Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 16:45

Stade de la Redoute le dimanche 26 octobre 2008 : j'en termine enfin après 58 heures d'effort avec cette Diagonale des Fous qui mérite amplement son surnom car je suis vidé, épuisé et je n'ai qu'une envie : dormir, dormir, dormir...


Ami lecteur, les lignes qui suivent retracent mon aventure avec mes joies, mes peines, mes moments de doute et la délivrance finale qui est le passage de la ligne d'arrivée. Jamais en 20 ans de sport ( triathlons LD puis trails), je ne suis passé d'un sentiment à un autre aussi rapidement. Différents passages de ce réçit pourront choquer certains lecteurs qui se demanderont pourquoi se mettre dans un état pareil pour ce qui n'est qu'une compétition sportive mais je ne tiens pas a édulcorer mon GRR afin de prévenir les futurs participants des risques d'une éventuelle inscription.


Flash back sur une semaine qui restera longtemps gravée dans ma mémoire :


Mercredi 22 octobre : cela fait maintenant 3 jours que je suis arrivé dans l'ile et que j'ai retrouvé mon frère Etienne expatrié sur ce caillou. C'est le jour des retraits des dossards mais avant d'accomplir cette formalité, nous retrouvons Stéphane Couleaud dit Ultra-Stéph sur les forums spécialisés ( un vrai fondu de trail, ces aventures sont visibles sur www.couleaud.com ).

Plutot que de faire la queue pendant des heures comme il est de coutume pendant cette course, nous préférons fêter nos retrouvailles en allant manger dans un des meilleurs restaurants de Boucan-Canot la station balnéaire de l'ile.


                                                    Le calme avant la tempête


Vers 18 heures, nous allons enfin chercher le précieux sésame à St Denis et, bien vu Etienne pour l'organisation,  nous n'attendrons que 15' ou de nombreux traileurs ont patienté 2 heures.



Seule la file d'attente pour les traditionnels cadeaux est encore conséquente, nous décidons donc de renonçer au sac de riz, aux lentilles de Cilaos, au coupe-vent et autre babioles. Il est temps ensuite de rentrer dans nos logements afin d'emmagaziner le maximum de sommeil avant la course.


Jeudi 23 octobre : la journée fut interminable, le coup de feu de la course étant donné à minuit, il fallait  penser a boire, a préparer son sac et surtout a garder le maximum d'energie. Après la traditionnelle pasta party partagée avec mes 2 accolytes, direction le stade de St Philippe lieu du départ du GRR.

Avant de pénetrer dans l'enceinte, nouvelle queue pour la vérification du matériel obligatoire dans le sac : réserve d'eau, de nourriture, couverture de survie, sifflet, lampe frontale avec pile de rechange, bande élasto...

Sitôt passées ces formalités, je tombe sur une vieille connaissance a savoir Eric Lacroix que j'ai connu lorqu'il s'occupait de la SSR triathlon de Chartres ( Section Sportive Régionale) et qui vit maintenant à La Réunion ( il s'occupe entre autres d'un club de courses en montagne qui cartonne www.deniv.fr ). Lorsque je lui demande un dernier conseil, il me rétorque en souriant : "gère au mieux tes défaillances"... avec le recul, son conseil était excellent !!!

Rentré sur le stade avec Etienne et Stéphane, nous prenons une dernière photo groupé car Ultra-Stéph souhaite se mettre devant afin de ne pas être géné au départ.




Surprise ensuite avec mes retrouvailles avec Benoit mon compagnon du Tour de la Grande Casse, un magnifique trail où nous nous sommes rencontrés fin août.




Benoit part avec un objectif similaire au mien ( plus ou moins 48 heures), je lui propose donc de faire route commune le plus longtemps possible.

Après l'appel des favoris par l'organisation, tout le monde se presse vers le départ, je décide avec mon frère et Benoit de rester derrière la meute afin de ne pas partir en sur-régime.



                            2300 traileurs attendent le feu vert de l'organisation



Vendredi 24 octobre :  minuit : ça y est enfin, le départ est donné pour la 16ème édition du GRR.


Après 2 ou 3 minutes de sur-place, je fais mes premiers pas dans la course sous les encouragements d'une foule bien présente ( le GRR est un des évènements majeurs sur l'ile). Les 15 premiers kilos sont relativement aisés( surtout comparés au reste) car cela monte peu ( de 0 à 685 mètres) et la route, puis le sentier ne sont pas techniques et facilement "courables".



Tout de suite, je double aisément des dizaines de traileurs ( et perd Benoit) malgré mon allure d'escargot asmathique. J'arrive en un peu moins de 2 heures au premier pointage et ravito. Après un premier Coca, j'attaque désormais la première difficulté de la course à savoir l'ascension du volcan qui doit nous mener a 2350 mètres d'altitude.

Etienne m'avait prévenu de 2 choses : un risque de bouchons dans l'ascension ( perdu! tout au plus 2 ou 3 ralentissements d'une dizaine de secondes) et de ne faire aucun effort inutile pour doubler.

En effet, le chemin est le plus souvent un single track, peu de personnes se risqueront à doubler, chacun reste à sa place, concentré sur son effort.

2 remarques cependant : je suis surpris car certains coureurs s'arrêtent sur le bord visiblement déja fatigués et d'autres, assez nombreux, se vident littéralement les tripes ce qui fait que des odeurs nauséabondes sont souvent présentes.



Peu à peu la végétation se rarifie, la pente se calme, l'impression d'arriver sur la lune est bien présente car malgré l'obscurité, je vois bien que la roche est rouge, preuve de la présence proche du volcan.

Après quelques heures de grimpette, j'arrive donc au premier ravito à Foc Foc ( kilo 23) mais impossible de vous donner mon classement car le "bip" ne marchera pas au pointage.




Qu'à cela ne tienne, je demande au bénévole de prendre une photo afin d'immortaliser mon passage dans ce lieu magique.




Après avoir profité des joies du ravito, je repars direction le volcan tout proche. Le jour se lève maintenant et le spectacle est alors époustouflant de beauté. Le soleil pointe peu à peu le bout de son nez et j'en profite un maximum....

Mes sensations sont pour le moment excellentes et je continue de doubler de nombreux coureurs. La portion qui arrive est facile et tout le monde trottine. La course n'est pas encore réellement commençée et l'ambiance est plutot conviviale. Je discute un peu avec une locale très sympa qui m'avoue partir sur une base de 48 heures ce qui me conforte donc dans mon allure.




Le volcan-La plaine des sables : altitude 2320 mètres. Kilo 30. Classement 538ème. 6 h 00 18 de course.


Premier gros ravito.Ca grouille de monde car il est accessible par la route. Je suis bien, frais, un peu étonné de mon bon classement. Je remplis ma poche à eau, bois une soupe, mange un peu et prend une nouvelle photo ( profitez en, cela ne va pas durer).


                                                  Malgré ma tête bizarre, tout va bien


C'est reparti vers une portion que je vais adorer : la plaine des sables. Cette fois c'est sûr, on est sur la lune, le chemin est somptueux. J'avais rêvé de ce moment depuis des mois, je profite donc  de l'instant présent.




Hélas cette portion ne dure pas longtemps et j'aperçois rapidement la montée vers l'oratoire Sainte-Thérèse point culminant de ce GRR avec ses 2400 mètres d'altitude.



                                                              C'est là-haut qu'il faut grimper


Lors de cette courte mais difficile ascension, je suis sur un nuage et je reprend encore de nombreux coureurs.





                   Arrivée donc à l'oratoire Sainte Thérèse, sans doute un lieu de culte très fréquenté.




Du sommet, la vue est superbe sur le Piton des Neiges, point culminant de l'ile à 3069 mètres d'altitude.




Il est temps maintenant de redescendre vers Mare à Boue et son ravitaillement. Le paysage change de tout à tout puisque après la lune, c'est maintenant en Normandie que je me trouve. Place à la verdure, aux vaches, aux prairies....le contraste est saisissant avec la plaine des sables et tout cela en quelques kilomètres seulement...magie de l'ile de la Réunion.....




Nouveau changement dans la course puisque, après le soleil, place maintenant à la pluie ( comme en Normandie diront les mauvaises langues).

Nouveau changement puisque, après la chaleur, place maintenant à une petite fraicheur.

Nouveau changement puisque, après le silence, place maintenant à des rafales de Famas ( car nous longeons un terrain militaire).

Nouveau changement puisque, après les sentiers, nous retrouvons une route goudronnée.



                                       J'ai encore le courage de me prendre en photo.




Juste avant le ravito de Mare à Boue, nous retrouvons également des spectateurs car cette portion est accessible par la route. Parmi eux, celui-ci a attiré mon attention ( accoutrement bizarre et harmonica : drôle de mélange).






Mare à Boue. Altitude 1594 mètres. 474ème. Kilomètre 50. 8 h 39 12.


Je suis toujours bien, content d'être la. Après une bonne assiette de pâtes, 2 cocas, 2 bananes...direction le gîte du piton des neiges. A la sortie du ravitaillement, sympathique rencontre en la personne de tonton Félix, l'oncle de ma belle-soeur ( la femme d'Etienne, c'est clair ?). Je continue ma remontée infernale puisque je suis maintenant dans le top 500. Euphorie quand tu nous tiens.....

La portion suivante fut quand même très difficile : après 2 ou 3 kilomètres paisibles, j'ai eu mon premier moment pénible dans la montée vers le gîte via Kerveguen. Au bout de 2 heures, ma poche à eau était vide et c'est à sec que je termine cette ascension. Avec le recul, cette pénurie en eau qui dura presque 1 h 40 fut la principale cause de ma future défaillance.

Petite anectode sympa : alors que nous progressions difficilement, je me fais doubler par 2 rastas ( dans la course tout comme moi) qui allument devant moi une cigarette de Zamal ( le chitt local). Incroyable mais vrai...



              
                                      Dopage pendant le Grand Raid : mais que fait la police ?



En effet, c'est à partir de ce moment que mes urines devinrent chaudes et douloureuse preuve d'une hydradation insuffisante. J'arrive tant bien que mal au ravito du gîte à 2400 mètres en compagnie de Laurent Jalabert qui n'a pas l'air au mieux non plus.



Gite du Piton des Neiges. Altitude 2484 mètres. 454ème. 12 h 12 55 de course.



Nous partagons alors une bonne soupe avant de nous attaquer à la redoutable descente vers Cilaos. Courageusement, Laurent Jalabert poursuivra son périple et bouclera son premier GRR.




Malgré le fait que de nombreux coureurs m'ont doublé dans l'ascension, je continue a gagner des places au classement preuve que la selection se fait par l'avant et que de nombreuses personnes abandonnent aux ravitaillements. Je suis maintenant 454ème.

Direction maintenant Cilaos donc et sa base vie ( sac de change, kinés, repas complet, lits....). Ma descente fut correcte sans plus car de nombreux réunionnais me doublèrent (ce sont de véritables cabris).

Les descentes à la Réunion sont ainsi très spécifiques car parsemées de rondins de bois que je n'ai jamais su apprivoiser : je suis donc toujours une brêle dans cet excercice :

- Le pied dessus, c'est la chute assurée.

- 2 foulées entre les rondins : ça n'avançe pas.

- 1 foulée entre les rondins : je n'y arrive pas.

Arrivée en bas de la descente, heureusement que le frangin m'avait prévenu puisqu'il faut encore se farcir 2 bornes sur la route avant d'arriver sur le stade de Cilaos. Pendant ces bornes, je subirai mon premier contrôle sauvage par l'organisation afin de dissuader les éventuels tricheurs.

Juste avant l'entrée dans le stade, je retrouve mon assistance technique ( ma compagne et ma soeur) pour un massage et un change complet ( quel bonheur de changer de slip et de chaussettes).


Cilaos entrée. Altitude 1224 mètres. 441ème. 69ème kilo. 14 h 41 33 de course.


Je pointe au contrôle ( encore des places gagnées alors que je me fais doubler, beaucoup d'abandons  ayant lieu lors de ce poste) et me dirige vers le repas. c'est reparti pour une bonne assiette de pâtes avec un peu de poulet.

Sitôt avalé, je repars à l'assaut de Mafate après un dernier salut vers mon staff.




                                           Stade de Cilaos, une base vie dans le brouillard



Cilaos Sortie. Altitude 1224 mètres. 411ème. 69ème kilo. 14 h 47 33 de course.


Direction maintenant le Taïbit via Cascade Bras Rouge. Je chemine un moment avec un breton très sympa mais hélas je ne peux le suivre dès que la route s'élève. Cette portion est également superbe et donne davantage envie de s'arrêter pour des photos plutôt que de crapahuter. Je continue mon petit bonhomme de chemin et suis toujours heureux d'être là et de vivre cette aventure.



Pied du Taïbit. Altitude 1260 mètres. 402ème. 76ème kilo. 16 h 35 18 de course.


Incroyable !!! alors que je me fais toujours doubler, je continue de gagner des places au classement. De nombreux coureurs abandonnent donc alors qu'ils sont bien classés. Il est vrai que nous allons bientôt rentrer dans Mafate et que, là-bas l'abandon est quasi impossible ( pas de route dans ce cirque, 2 façons de revenir : l'hélicoptère pour les blessés ou la marche).

Je prend mon temps lors de ce sympathique ravitaillement et en profite pour me faire tirer le portrait par un autre coureur. Nouvelle soupe, nouveau Coca, quelques bananes, du chocolat....l'ordre des aliments n'a plus vraiment d'importance à ce stade de la course. Le principal est de se remplir la panse...rien d'autre.....





Et c'est reparti vers la seconde partie de l'ascension. Chose curieuse, je croise une dizaine de coureurs qui redescendent car ils savent qu'ils vont abandonner et qu'il vaux mieux le faire avant de rentrer dans Mafate.

Au milieu de l'ascension, anecdote amusante, des créoles sur le bord me proposent  "l'ascenseur" c'est à dire une tisane aux vertues magiques. J'accepte volontiers mais la tisane n'aura aucun effet sur ma performance dans le col et c'est scotché à la pente que je finirai l'ascension.

Au sommet, la nuit tombe et c'est à la frontale que j'entame ma descente vers Marla et ma traversée de Mafate.

Je ne suis pas prêt d'oublier les heures qui vont suivre et certaines images resteront gravées éternellement dans ma mémoire....

La descente Taïbit-Marla n'est pas très longue ni très difficile et, de plus, j'entends rapidement le bruit d'un groupe électrogène, preuve de l'arrivée proche d'un ilet ( nom des villages à la Réunion).


Marla. Altitude 1580 mètres. 435ème. 82ème kilo. 19 h 14 46 de course.



"BIENVENUE A MARLA, BERTRAND". C'est par ces mots chaleureux que je suis accueilli par les bénévoles. Le rituel est maintenant bien rôdé : pointage, repas, tout cela avec l'aide de personnes formidables qui sont venus à pied et qui resteront 3 jours pour s'occuper de nous........merci pour tout !!!




Il fait maintenant nuit noire et, de plus, nous sommes dans le brouillard. J'hésite donc à partir seul et j'attends donc un groupe pour poursuivre mon périple. Hélas, une fois de plus, je ne pourrai suivre et c'est seul que j'atteindrais Trois Roche. Cette portion n'est pas très difficile mais je commence à avoir de plus en plus chaud ( malgré la nuit et le brouillard), je n'arrive plus à uriner correctement ( cela me brûle) et je n'arrive plus à manger.

Aïe, ça se complique....mais je ne prends pas réellement conscience de la situation car je me dis que ce n'est qu'un mauvais moment et que cela va passer.


"BIENVENUE A TROIS ROCHE, BERTRAND".


Nouveau bénévole sympathique pour ce ravito, monté de toute pièce à un endroit où il n'y a pas d'ilet.

Là, c'est vraiment dur, j'ai beau essayé de manger, plus rien ne passe, à part un peu de soupe. Je commence donc  ma galère. Ce que je ne sais pas encore, c'est que plus jamais la forme ne reviendra et que c'est à l'agonie que je poursuivrai ma Diagonale.

Je poursuis donc vers l'ilet de Trois Roche seul, toujours seul, je n'arrive pas à accrocher qui que ce soit. Ah si, je chemine un moment avec Jeanine, une Suisse qui vit la même galère que moi....C'est ensemble que nous atteindrons Roche Plate. La fin est délicate pour moi, je tombe pour la première fois, j'en ai marre, j'éprouve de la lassitude et l'envie de dormir.



Roche Plate. Altitude 1110 mètres. 433ème. 95ème kilo. 23 h 38 08 de course.



"BIENVENUE A ROCHE PLATE, BERTRAND".

Une fois de plus, l'accueil est fort sympathique. Je remarque tout de suite qu'une quinzaine de traileurs dorment sur des cartons entre le contrôle et le ravito. Je décide avec Jeanine d'une pause d'une heure afin de recharger les batteries qui m'apparaissent à plat. Je prend ma converture de survie, me couvre au mieux et tente de trouver le sommeil. 30' plus tard, je renonce : il fait trop froid, il y a du passage, du bruit....bref impossible de dormir. Je me lève donc et tente de me restaurer en attendant le réveil de Jeanine. Et c'est assis sur une chaise que je m'endormirai 30' la soupe à la main....pendant mon bref sommeil Jeanine a repris la route et c'est en consultant les résultats que j'ai appris qu'elle avait franchie la ligne d'arrivée.......bravo Jeanine.



                                                Petite photo avant un petit dodo



Je repars donc, direction la terrible ascension de la Roche Ancrée, grande nouveauté de ce GRR 2008. Je vois tout de suite que cette pause ne m'a pas été très profitable puisque je repars aussi fatigué qu'avant. Je commence à zigzaguer sur le chemin, je franchis difficilement les passages de rivière et alors que je vois les coureurs sur l'autre versant de la montagne en train de monter, je m'évanouis et tombe sur le sentier.

Combien de temps suis je resté insconscient ? sans doute une trentaine de secondes pas davantage mais dès mon réveil je sais que je suis en sursis voir même en danger.....et je prend la décision d'abandonner car la plaisanterie a assez duré.

Je me traîne donc vers le lit de la rivière toute proche et miracle, il y a un poste de secours. Je suis alors au kilomètre 99 en bas de la Roche Ancrée. Je m'écroule sur un des 2 lits de ce petit poste et les 2 secouristes puis le médecin se précipitent vers moi. Après avoir raconté ma mésaventure, le médecin décide de me rapatrier en hélicoptère après avoir eu l'accord du PC de la course. Il m'indique juste que l'évacuation aura lieu au petit jour et que d'içi là, il faudrait mieux que je me réhydrate. Après avoir absorbé 2 grands verres d'eau sucrée, je m'endors comme un bienheureux bien protégé par une grosse couverture.

Deux heures plus tard, j'ouvre un oeil. Malgré ma situation délicate, le spectacle du jour qui se lève dans Mafate est stupéfiant de beauté. Le médecin revient me voir, prend mon pouls, ma tension, ma glycémie...et nous convenons ensemble que je peux repartir....saperlipopette, je n'ai pas fais 12000 bornes d'avion pour craquer à 50 bornes de l'arrivée !!!

Et je repars donc........pas vraiment fringuant mais pas à l'agonie non plus.......je franchis la Roche Ancrée et bascule vers Grand Place alors que le soleil est maintenant de nouveau bien présent.






Grand place. Altitude 540 mètres. 732ème. 103 kilo. 31 h 35 27 de course.



"BIENVENUE A GRAND PLACE, BERTRAND".


"Bienvenue, tu parles!", me dis-je en grommelant dans ma moustache que je n'ai pas : je suis tombé dans les pommes, j'ai perdu 300 places en 8 bornes, plus rien ne passe....j'ai connu des jours meilleurs !!! 

Une nouvelle fois, je me dirige vers le ravito et tente sans conviction de manger un peu. Une des bénévoles m'explique alors que ça va monter "un peu" et moi, idiot que je suis, je la crois......

C'est reparti vers Aurère : dans d'autres circonstances, j'aurai trouvé ce passage grandiose, sans doute la plus belle partie de ce GRR : montée dans les filaos, passage de passerelles au dessus de la rivière, descentes vertigineuses ou il faut s'accrocher à la corde, etc....

Au lieu de monter "un peu" ce sont 2 terribles montées qui m'attendent alors que le soleil tape de plus en plus fort. Je suis tellement crevé que je décide d'une nouvelle pause. Je m'arrête donc sur le bord de la route et je m'endors 15' à l'ombre. Après ce break salvateur, je reprend mon chemin via "ilet à malheur".

Soudain, j'entends du bruit derrière moi, je pense tout d'abord à un groupe de traileur mais que nenni, la scène qui suit est complètement hallucinante car c'est un mort qui va me doubler.

Je m'explique : plutot qu'un groupe de traileur, je vois passer une procession funéraire  :

- Le premier porte une croix.

- Le second et le troisième portent des fleurs.

- 4 autres portent un cercueil.

- 10 autres suivent le convoi.

Je suis absolument bluffé par ce que je vois : un mort qui me double, je dois vraiment être au plus mal !!!

Par respect pour le mort, je n'ai pas pris de photo mais je peux vous assurer que cette scène est véridique car mon frère les a également vus lorsqu'ils redescendaient.


Sous un soleil de plomb et un moral à zéro, j'arrive enfin à Aurère.



Aurère. 750 mètres d'altitude. 859ème. 112 kilo. 36 h 18 19 de course.



"BIENVENUE A AURERE, BERTRAND".


Vu mon état passablement amoché, je passe maintenant directement vers l'infirmerie avant d'aller au ravito. Je m'écroule sur un lit pour tenter de récupérer un peu. Je commets alors une erreur fatale en confiant ma poche à eau à une bénévole pour qu'elle l'a remplisse car en repartant de cet ilet après une heure de pause, je m'aperçois qu'elle a mis du sel avec l'eau et que le mélange est imbuvable. Cela a tellement le goût d'eau de mer que je vais me mettre a vomir et que je vais passer les 4 heures suivantes sans boire.

C'est donc déshydraté que je vais effectuer la descente vers Deux Bras. Des dizaines de coureurs vont me doubler, je suis au bout du rouleau, physiquement et moralement, je vais même me mettre à pleurer tant la fatique est présente. Arrivé je ne sais comment en bas de la descente, il nous faut franchir maintenant à plusieurs reprises la rivières des galets avant d'arriver à la base vie de Deux Bras.








Deux Bras Entrée. Altitude 255 mètres. 989ème. 121ème kilomètre. 40 h 14 37 de course.



"BIENVENUE A DEUX BRAS, BERTRAND".


Le poste de Deux Bras est situé à un endroit ou ll n'y a rien d'habitude mais pour le GRR les militaires qui s'en occupe, construisent une véritable base vie avec des tentes médicales, un coin massage, un bar, une piscine, un coin restaurant, un dortoir.......un véritable tour de forçe.

Fidèle à mes habitudes, je vais directement visiter l'infirmerie car passer 4 heures sans boire n'est pas vraiment recommandé pendant une course. La toubib me confirme d'après ma glycémie que j'ai besoin d'un peu de repos ( merci je le savais déja) mais chose nouvelle ce sont les médias qui s'interessent désormais à moi car j'ai droit à une interview par la TV locale.

Après une nouvelle pause d'une heure, un rougaï saucisse que j'arrive à avaler et le remplissage de ma poche à eau ( sans sel cette fois), je repars vers un gros morçeau : l'ascension de Dos D'Ane.



Deux Bras Sortie. Altitude 255 mètres. 987ème. 121ème kilomètre. 41 h 24 40 de course.



Je franchis donc une dernière fois la rivière des galets et en bas du col je découvre une pancarte marquée "Dos D'Ane à 2 h 10"

2 h 10 mon oeil ou alors à dos d'ane ou pour un réunionnais frais comme un gardon car pour moi, pauvre métropolitain épuisé, il me faudra plus de 3 heures...

Il fait désormais nuit, je me prépare à passer ma troisième nuit dehors, chose que je voulais éviter à tout prix. Le lecteur attentif aura remarqué que les photos deviennent de plus en plus rares lors de ce CR. Qu'il m'en excuse mais je n'avais plus vraiment l'envie et la forçe de sortir l'appareil.

Après 3 heures d'ascension j'arrive enfin à l'église de Dos D'Ane qui marque la sortie de Mafate et le retour à la civilisation. J'aurai mis plus de 24 heures pour traverser ce cirque ( j'y suis rentré la veille vers 19 heures en franchissant le Taïbit).

J'arrive donc au petit ravitaillement de l'église de Dos D'Ane, bois un verre de Coca.....et je le vomis ainsi que le rougai saucisse avalé quelques heures plus tôt. Horrifiée par le spectacle ou soucieuse de préserver sa table sur laquelle je viens de vomir, la bénévole m'invite a m'assoir sur une chaise.

Après avoir récupéré de cet épisode douloureux, je repars vers le grand ravitaillement de Dos D'Ane situé 2 kilomètres plus haut dans un stade.



Dos D'Ane Stade. Altitude 1064 mètres. 1076ème. 128ème kilomètre. 46 h 16 58 de course.


1076ème à Dos D'Ane, alors que j'étais 402ème au pied du Taibit, la chute dans le classement est sévère mais à ce stade de la course je m'en moque. Cela fait bien longtemps que je ne suis plus "en course" mais en mode "survie" pour rallier St Denis.

C'est avec grand plaisir que je retrouve mon staff ( Nicolas, Olivier et Claire) à l'entrée du stade. Autant les ravitaillements de Mafate étaient chaleureux, autant celui çi pue l'abandon à plein nez. Il fait froid, l'ambiance est tristounette.


                                                          un staff technique de haut niveau


J'essaye de m'allonger mais je suis très vite gelé, j'essaye de manger mais cela ne passe pas, je décide donc de repartir vite car il ne reste plus que 20 kilomètres donc je suis proche de l'arrivée ( j'ignore encore qu'il me faudra plus de 12 heures pour faire 20 bornes).

Au moment de partir je découvre que mes piles sont usées et décide de me réfugier dans la voiture pendant qu'Olivier part m'en trouver. Je mets le chauffage à fond et finalement c'est parti pour une nouvelle pause, sans doute la meilleure de toute, mais qu'il sera dur de sortir de la voiture et de repartir.

Il ne me reste qu'une montée celle vers le piton Batard mais j'ai trouvé qu'il portait bien son nom tant j'ai souffert dans ce secteur. Je ne mange plus, je ne bois plus, j'ai des problèmes gastriques ( inutile de vous faire un dessin), je vomis régulièrement.....bref que du bonheur !!!

Mon pote Benoit me passera sans que je sois capable de lui parler et d'échanger quelques mots.

De plus, il commençe à pleuvoir et le sentier devient extrémement glissant, je tombe plusieurs fois en pestant contre moi ( qu'est ce que je fais içi ?) et contre l'organisateur ( c'est trop dur).

Je vais même me mettre a "délirer" car je crois deviner des hommes cachés derrière les rochers qui veulent m'attaquer et me faire la peau : sans doute le manque de sommeil !!!

Après quelques heures de glissade, j'arrive enfin au Kiosque d'Affouches et à son ravitaillement. Quelques traileurs dorment sur des chaises, d'autres tentent d'enlever la boue de leurs vetements, tout le monde me parait au bout du rouleau. J'arrive à boire 2 thés chauds et repars avec deux traileurs.

Que la portion suivante m'a faite du bien! Nous marchons maintenant sur une route forestière en légère descente ( donc pas de passage technique et pas de boue) et j'arrive a suivre mes compagnons. Cela me redonne le moral d'autant plus que le jour ne va tarder a se lever ( on est maintenant dimanche matin pour ceux qui ont de la peine a suivre).

Comme les bonheurs ne durent jamais longtemps pour moi lors de ce GRR, je suis largué par mes copains dans le sentier suivant qui mène au Colorado. Le sentier qui alterne montée-descente sur la crête et qui mène à St Denis doit être assez plaisant dans d'autres circonstances mais là, je n'ai plus le coeur a faire du tourisme car je n'ai plus qu'une envie : en finir avec ce calvaire et dormir...


Le Colorado. 680 mètres d'altitude. 1157ème. 142ème kilomètre. 55 h 25 32 de course.


Ah! le voilà enfin ce fameux ravitaillement, celui qui surplombe St Denis, celui qui ne se trouve qu'à 5 bornes de l'arrivée. J'arrive a boire 2 Cocas ( sans les vomir), à manger un peu de pain et je repars dans l'ultime descente avant le stade de la Redoute.

Au bout de 15', je reçois un coup de fil pour m'informer que mon frère se rapproche et qu'il n'est plus qu'à une heure derrière moi ( alors que j'ai eu plus de 5 heures d'avançe). Il me propose de l'attendre pour franchir la ligne d'arrivée ensemble. Très bonne idée, je m'assois donc sur un rocher et je m'aperçois au bout de 20' que ce n'est pas finalement une si bonne idée. En effet, je suis en train de quitter la course psychologiquement et je m'endors pour de bon.

Je reprend donc une dernière fois la route ; je vois St denis et le stade, quel bonheur.....




Zut, mais il s'éloigne ce stade....car je mettrais un temps fou à le rejoindre. Cette dernière descente dans les pierres sera fatale pour mes ongles. Toujours des coureurs qui me double....je suis tellement lent que certains s'inquiètent pour moi "ça va ? non, ça va pas mais je veux, je vais aller au bout, pas question de craquer maintenant"

Et voilà le moment que j'attendais depuis 3 jours, mon entrée sur le stade de la Redoute.





C'est donc après 58 heures d'effort et 1205ème que je franchis la ligne d'arrivée du GRR 2008 ( 2300 coureurs au départ, 1407 à l'arrivée).




                 Sitôt la ligne d'arrivée franchie, je m'écroule sur l'herbe pour dormir.






                  Mon frère arrive juste derrière moi, frais comme un gardon, à seulement 12'.





         J'ai rapidement un nouveau coup de moins bien qui me fait passer de nouveau à l'infirmerie.




                                                     Je passe un sale moment.





                Que tout le monde se rassure, j'ai rapidement repris le dessus en me réhydratant.





EPILOGUE DE LA DIAGONALE DES FOUS 2008 :


Les + de cette course :


- Les paysages sont extraordinnaires et seule l'ile de la Réunion offre une telle variété : on passe en quelques kimomètres de la lune à la Normandie en passant par la forêt tropicale et la Corse.

- Le dévouement des bénévoles : enthousiasme, ferveur, passion....ils sont l'âme de cette course. Merci pour tout.

- L'interêt médiatique pour cette course : pendant une semaine, la Réunion vit au rythme des coureurs. c'est un des évènements majeurs : retransmission TV en direct pendant 3 jours avec Sebastien Folain comme animateur ( vous savez, le gars de la météo sur TF1) et Eric Lacroix comme consultant technique, supplément dans les journaux, etc....


Les - de cette course :


- Certains passages dangereux sont peu sécurisés. Je trouve que les organisateurs ont de la chance de ne pas avoir davantage d'accidents.

- Malgré des mises en garde au départ, pas mal de déchets sur le sentiers ( gels, barres, etc...).

- D'après moi, il manque un ravitaillement entre Mare à Boue et le refuge du Piton des Neiges. Beaucoup de coureurs se sont retrouvés à sec dans cette longue portion.


Et l'analyse de ma course ?


Je ne pense pas avoir pêché par un excès de confiance concernant mon rythme lors de la première journée. Ma défaillance est principalement dûe à une déshydratation et à des problèmes de thermo-régulation. A partir de là, c'est la spirale négative :  la déshydratation amène le vomissement, le vomissement amène les problèmes gastriques...

Je reste toutefois très fier de moi d'être allé au bout de mon aventure malgré mes soucis. Il y a pratiquement 40 % d'abandon sur la course, je n'en fais pas partie et porterai avec plaisir mon t-shirt "j'ai survécu".


Et dans l'avenir ?


Bien sur à l'arrivée, je me suis dit "plus jamais ça", trop de souffrances, pas beaucoup de plaisir à la fin.....puis après quelques jours une idée germa dans mon petit cerveau : et pourquoi pas revenir en 2010 pour faire mieux ?

Une affaire à suivre donc.....


D'autres photos sont visibles içi : http://picasaweb.google.fr/bertrandhaudegond/DiagonaleDesFous2008#slideshow


Ma Diagonale en chiffres :

Point de passage Heure de passage Temps de course Km Cumulés Altitude Classement Classement V1H
Le Volcan-Plaine des Sables 24/10 06:00 6h00mn18s 30km 2320m 538ème 229ème
Mare à Boue 24/10 08:39 8h39mn12s 50km 1594m 474ème 199ème
Gîte du Piton des Neiges 24/10 12:12 12h12mn55s 62km 2484m 454ème 191ème
Cilaos Entrée 24/10 14:41 14h41mn33s 69km 1224m 441ème 185ème
Cilaos Sortie 24/10 14:47 14h47mn33s 69km 1224m 411ème 169ème
Pied du Taïbit 24/10 16:35 16h35mn18s 76km 1260m 402ème 170ème
Marla 24/10 19:14 19h14mn46s 82km 1580m 435ème 184ème
Roche Plate 24/10 23:38 23h38mn08s 95km 1110m 433ème 181ème
Grand Place 25/10 07:35 31h35mn27s 103km 540m 732ème 312ème
Aurère 25/10 12:18 36h18mn19s 112km 750m 859ème 360ème
Deux Bras Entrée 25/10 16:14 40h14mn37s 121km 255m 989ème 396ème
Deux bras Sortie 25/10 17:24 41h24mn40s 121km 255m 987ème 397ème
Dos d'Ane Stade 25/10 22:16 46h16mn58s 128km 1064m 1076ème 422ème
Le Colorado 26/10 07:25 55h25mn32s 142km 680m 1157ème 449ème
Redoute Ligne d'arrivée 26/10 10:16 58h16mn22s 147km 53m 1205ème 463ème



Pour vous donner une idée du périple :




Une excellente vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x4v7g7_grand-raid-2007-chap1-intro-et-parc_sport

Le site internet de l'épreuve pour en savoir plus : http://www2.grandraid-reunion.com/

 

La vidéo de la course ou je n'apparais pas à mon avantage :

 

http://www.marseilletrailclub.com/index.php?option=com_expose&Itemid=62&album=45

































Par Bertrand Haudegond - Publié dans : Récits de courses - Communauté : Trail - Course à pied
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Commentaires

j'ai passé un bon moment à lire tout ça !... et en plus tu veux y retourner ! t'es vraiment ouf' !.... mais je te comprends ! Bravo Bertrand et au plaisir de se revoir un jour !............. ( JM corsicatri)
Commentaire n°1 posté par jean-marc LIBERT le 05/11/2008 à 11h31
un seul mot me viens a l'esprit : respect
Commentaire n°2 posté par ema le 05/11/2008 à 11h40
Salut Bertrand, Bravo pour cette course. Respect total, car le moral a tenu pour que tu puisses passer la ligne d arrivee. Ton cr donne envie d'aller souffrir un peu. Bonne récupération. Sportivement
Commentaire n°3 posté par Jeff le 05/11/2008 à 14h08
Purée, Bertrand, t'es un guerrier! Tu m'as donné la chair de poule. je connais en plus ts les leiux cités, c'est beau! La prochaine fois, je le fais avec toi!
Commentaire n°4 posté par PierreM le 05/11/2008 à 17h33
Bravo Bertrand, tu nous as fais un bel exploit individuel en étant sec aussi loin de l'arrivée, et collectif avec un 100% Haudegond family successful :-) Donc on y retourne en 2010 ? S./_defi_raid_up_ce_week_end_17h_a_patauger
Commentaire n°5 posté par Ultra Steph le 06/11/2008 à 10h52
Bonjour Bertrand, SUPERBE !!! Bravo pour ta course, pour ton courage, un bel exemple à suivre. Un super récit intime qui nous plonge au plus profond de ce grand raid un peu fou ! Encore bravo et peut-être un jour sur une course. Tribob
Commentaire n°6 posté par Tribob le 06/11/2008 à 12h23
Bonjour, Un très beau récit. BRAVO au finisher et bonne récupération.
Commentaire n°7 posté par GUINOISEAU Linda le 06/11/2008 à 13h35
MDR en lisant ton récit... Bravo et félicitation pour ton obstination, j'admire ton courage, j'l'aurais pas fait dans ces conditions !!! Pascal (finisher avant la 3e nuit)
Commentaire n°8 posté par Pascal le 06/11/2008 à 14h44
T'es un vrai warrior mec ! Respect, respect, respect... Effroi un peu aussi...
Commentaire n°9 posté par AsiaticLover le 06/11/2008 à 20h54
respect bertrand...superbe résumé de course.quelle aventure!toutes mes félicitations et bonne récup!!encore respect! julien coudert
Commentaire n°10 posté par COUDERT le 06/11/2008 à 21h06
Bravo mon cher Bertrand, J'ai suivi ta progression (et celle de Jaja) sur Internet, et j'avais effectivemment remarqué que ça coinçait à un moment, ce que je peux comprendre après mon abandon sur la CCC. 1ère réflexion : ton récit ne me donne pas vraiment envie d'y aller... 1ère question : sur tous le parcours, combien de km as-tu pu courir réellement? 2ème question, faisant suite à nos échanges sur ton "surpoids" à Gruissan : es-tu content d'être finalement parti avec quelques réserves? et as-tu fait un avant/après sur la balance? A bientôt pour lire ta réponse. SUPERTOPHE, souvent animateur, parfois coureur, pas toujours finisher
Commentaire n°11 posté par SUPER TOPHE le 07/11/2008 à 18h18
Salut Christophe, pour répondre à tes questions ; - Je n'ai du que courir maximum 30 bornes lors de la Diagonale...pas plus, les 15 premiers, le passage de la plaine des sables, Mare à boue...et c'est tout. - Concernant mon surpoids de 5 kilos, j'aurai voulu éviter de me les trainer pendant la course mais je n'ai pas réussi a maigrir avant la course ( faute de volonté de me priver de ce que j'aime). Cela n'empêche que cette course est fantastique...a condition d'etre préparé. Bertrand
Commentaire n°12 posté par bertrand haudegond le 08/11/2008 à 23h03
un seul mot EPOUSTOUFLANT ! bravo à toi coach bertrand. A+ Chick
Commentaire n°13 posté par Chick le 11/11/2008 à 22h20
Bravo.quelle vedette! mais on a bien souffert pour toi.
Commentaire n°14 posté par isabelle legionnet le 13/11/2008 à 20h16
hello Bertrand, j'ai appris que tu avais fait le GRR en te voyant dans le JT de france 2 et du coup je suis venu voir ton site. franchement un grand bravo pour ce défi, c'est vraiment la classe. félicitation pour cet épreuve de Fous !! @ bientôt Manu
Commentaire n°15 posté par Manu Grangeon le 15/11/2008 à 10h49
Bravo pour ton courage, ta rage d'aller au bout; un gros mental à toute épreuve. Ton CR me servira énormément je pense, car je me suis fixé comme objectif de "courir" cette épreuve d'ici 2011, le temps d'emmagasiner un maximum d'informations, et parfaire la préparation physique et mentale.
Commentaire n°16 posté par Hervé le 20/01/2009 à 14h21
Félicitation pour ton récit et ces photos qui nous ont maintenu en Haleine jusqu'a la ligne d'arrivée.
j'ai fini aussi ce raid fabuleux en 2008,nous aurions presque pu nous croiser au regard de nos temps
A une prochaine et peut etre en 2010
millepattes77
Commentaire n°17 posté par millepattes77 le 08/03/2009 à 20h45
Merci pour ton récit à suspens "effrayant", chapeau bas et grand respect même si tu nous fais peur pour ta santé. Je l'aurai dans ma mémoire en cas de galère en octobre pour le raid où j'ai décidé de participer avec un ami (qui avait abandonné en 2007 sur blessure à cilaos). Encore bravo.
Commentaire n°18 posté par chascal le 11/03/2009 à 17h38

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