Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 13:48
D'habitude, j'aime bien écrire mes CR et faire partager mes aventures avec mes amis, la famille et les internautes qui se sont perdus sur ce site.

Pourtant cette fois çi, c'est avec une certaine amertume que j'écris celui la car je n'ai pu terminer la course et signe mon premier abandon en trail.

Tout avait pourtant bien commencé avec un accueil des plus convivial de Pierre ( Sarajevo sur Kikourou), de toute sa petite famille et un excellent repas partagé avec Yoyobesac, Maud, Rapace et Rapacette.

Même si la nuit fut courte ( réveil à 2 heures et départ de la course à 3 h 30), c''est avec une grande excitation que je rejoins la ligne de départ impatient que je suis d'en découdre avec les 80 bornes et les 4800 mètres de D+.

Le départ étant donné du Paquier ( la superbe plage d'Annecy qui se trouve en plein centre), l'ambiance est un peu triste car les organisateurs ne devaient pas avoir le droit de faire du bruit donc pas de sono, pas de speaker, pas la moindre animation mis à part les chuchottements des 300 coureurs présents.

 Photo du groupe des kikoureurs juste avant le départ :




  Le départ va être donné, je me place en dernière ligne :




Pan, c'est parti pour une belle balade. D'habitude, il n'y a pas grand chose a raconter sur les premiers hectomètres mais à Annecy je fus témoin de scènes incroyables.......en effet, de nombreux jeunes complètement saouls et sortant de discothèques se sont mis a nous encourager, a courir avec nous, a nous proposer de la vodka, a chanter, a danser.......du délire !!!

Après 500 mètres de plat, place à la pente avec l'ascension du Semnoz et 1300 mètres de D+ à travers des pistes forestières puis de beaux singles dans la forêt.




Tout de suite et contrairement à l'Ultra de l'Aubrac, j'ai d'excellentes sensations lors de cette course. Je profite pleinement du moment sans m'emballer car je sais la route très longue avant de revoir Annecy ( la course fait le tour du lac par les sommets).

Pour la première fois, j'utilise des batons et découvre avec joie qu"ils sont très utiles et me permettent d'économiser mes jambes.

Peu à peu, le jour se lève et nous pouvons enfin contempler le superbe paysage :




J'arrive sur les pistes de ski du Semmoz :




Je profite de la présence d'un bénévole pour me faire prendre en photo :




On arrive alors au Crêt de Chatillon, point culminant de la course à 1699 mètres d'altitude :




De la haut, le paysage est superbe : on voit le mont blanc, les Aravis, etc......le spectacle est superbe :




19 kilomètres parcourus : je continue d'avoir la forme, il est temps de gouter au premier ravitaillement : celui çi se situe dans un hotel-restaurant d'altitude juste au bord de la route :




Un peu de Coca, 2 bananes, remplissage de la gourde....Direction maintenant Doussard au kilomètre 40 :




On effectue alors une longue descente d'abord sur une piste puis sur un petit chemin :




Arrivée à Leschaux, le parcours devient un peu ennuyant car nous cheminons quelques kilomètres sur une route avant de bifurquer de nouveau dans les alpages. Arrivé au col de la Cochette après une sucession de bosses-descentes, je me perds comme tous les traileurs car le parcours a été sauvagement débalisé...

Je me retrouve donc dans le village d'Entrevernes ( ce qui n'etait pas prévu) et dois prendre une route pour regagner Lathuile et la suite du parcours. Je ne sais pas si j'ai effectué des km en plus ou en moins mais une chose est certaine, j'ai manqué un point d'eau et me retrouve complètement à sec alors qu'il me reste une heure avant de rejoindre Doussard.

Cette portion me sera extremement pénible : j'ai soif, je ne suis plus certain du parcours, heureusement que je ratrappe Pierre en conflit avec sa cheville.

Bien que la vue sur le lac soit superbe car j'ai mon premier coup de moins bien :




Après une nouvelle portion de route peu interessante, j'arrive enfin à Doussard complètement déshydraté. Je me jette sur le Coca, le jus d'orange, l'eau, mange un peu, discute avec Yoyobesac qui fait une longue pause, vois Pierre arriver et je repars vers un des gros morceaux du jour : l'ascension de la Forclaz.

Je suis toujours en difficulté au début de ce col, de nombreux coureurs osent me doubler, heureusement que nous sommes à l'ombre et que la pente n'est pas très dure car je me demande ce que je fais la au lieu d'être au bord du lac, les pieds dans l'eau, a siroter une bonne bière fraiche.....

A mi pente, au moment ou Yoyobesac me rejoint, j'ai tout à coup de bonnes sensations et retrouve une allure acceptable. Je redouble de nouveau et rejoint la Forclaz, lieu superbe avec ses restaurants, ses parapentes, ses vaches et son paysage de carte postale :


L'arrivée au col :




Les paysages :




Idiot que je suis; je pensais que l'ascension était terminé au col de la Forclaz : que nenni, le chemin continue tout d'abord au milieu des pistes des parapentes puis dans les alpages.

Et oui, il faut encore grimper la haut : d'abord au chalet puis entre les 2 sommets :




Ce n'est pas grave, j'ai la forme, le coup de moins bien est passé, je continue ma remontée dans le classement :




Soudainement, plus rien, plus de son, plus d'image, juste au moment ou les pentes deviennent très raides : zut, saperlipopette, diantre, ce n'est pas le moment....je prend un gel, bois beaucoup, j'essaye de laisser passer l'orage :




Je passe alors au chalet de l'Aulp, refais le plein d'eau, repars vers le Roc de Lancrenaz.....en attendant, c'est moi qui suis naze mais j'ai le temps de faire une dernière série de photos avant le drame :




Dans l'ascension de cette grosse difficulté, Yoyobesac me passe, j'ai beau appuyer encore plus sur les batons, je ne peux le suivre et il s'éloigne doucement mais surement...

Je profite de la ligne de crête pour prendre ce beau point de vue sur le lac :




Ouf, ça va mieux, je peux de nouveau accélerer.....ça tombe bien, voila la descente du col des Frêtes. Je vais revenir comme une bombe me dis-je comme un idiot.

Je débute donc cette descente sur un bon rythme mais pan.......la chute......je glisse sur une pierre, tombe en arrière sur les fesses, et je comprend rapidement que la course est hélas terminée pour moi.

J'ai mal aux fesses, au coude, au poignet...et je peux difficilement marcher même en descente. J'ai également des douleurs sur l'arrière de la jambe comme une sciatique.

  Après quelques minutes pour retrouver mes esprits, je repars car il faut bien que je rejoigne une route. La descente sera interminable ( plus de 2 heures pour faire 4 kilomètres). De nombreux coureurs prennent de mes nouvelles en me passant, Pierre me double à son tour et comme il est également blessé, nous cheminons jusqu'à Bluffy ou nous abandonnons la mort dans l'âme.

 Très sympathiquement, la soeur de Pierre me ramène jusqu'à Annecy ou je me fais soigner et me restaure en regardant arriver les coureurs.

Je retrouve Christophe Boudin (http://boud74.canalblog.com/) , un vieux camarade de combat dans mes années de triathlon dans la ligue du centre  :




Epilogue :


Les + de la course :


- Les paysages sont  superbes : sans doute une des plus belles courses que j'ai eu le plaisir de faire : entre le mont blanc, le lac, les alpages, on ne sait plus ou donner de la tête.

- Il me semble que je retrouve progressivement une condition physique acceptable même si j'ai encore des hauts et des bas lors des courses mais je pense que c'est normal sur les efforts supérieurs à 10 heures.

- J'ai découvert les batons : énorme !!! par moment, j'ai eu la sensation d'avoir 4 jambes.

- L'excellent repas servi aux coureurs après la course.

- Week end sympathique avec les kikoureurs : a refaire mais cette fois c'est moi qui invite à l'apéro ( lors de l'UTMB ?)


Les - de la course :


- J'ai abandonné donc c'est un échec : je reviendrais en 2010 pour effacer l'affront.

- Le débalisage sauvage qui m'a enervé et sans doute fait oublier de me ravitailler trop occupé que j'étais a chercher ma route.

- Pas de T-Shirt technique au départ mais un vieux coton des années 1990.

- Un site internet un peu mort ( pas de résultats sur le site 48 heures après la course).

- Pas de kinés à l'arrivée de la course.

- L'indifférence totale des baigneurs sur le Paquier que l'on a presque l'impression de déranger lorsque l'on veut passer.


Le site internet de la course : www.annecime.fr

Par Bertrand Haudegond - Publié dans : Récits de courses - Communauté : Trail - Course à pied
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