Bon, je sais, je vous avais habitué a davantage de réactivité concernant le CR de mes courses. Mais comme dit le proverbe "mieux vaut tard que jamais", donc voiçi le résumé de ma seconde
participation à cette superbe course.
Les anciens de ce site se souviendront qu'en 2008, j'étais revenu fourbu de ce trail qui m'avait surpris par sa technicité et son exigeance.
Deux ans plus tard, me revoila à Rousset pour affronter une nouvelle fois ce superbe massif et les 53 km annonçés par l'organisation.
Le temps prévu est parfait : ni trop chaud, ni trop froid et quelques 400 coureurs sont prêts a en découdre.
Soucieux de ne pas revivre la même galère qu'il y a 2 ans, je me place en milieu de peloton afin de ne pas être emporté sur un rythme trop elevé par rapport à ma forme encore précaire.
Après quelques hectomètres dans Rousset, direction le plateau de Cengle qui est notre rampe de lancement pour la première ascension de la Sainte-Victoire ( 3 ascensions au programme par
3 chemins différents).
Seule ombre dans une organisation parfaite, le traditionnel bouchon pour passer sous la nationale après 2 km de course.
Pas de soucis ni de bousculade, les traileurs savent bien que la course ne se joue pas la.
Les première pentes apparaissent alors que le soleil commençe a chauffer. Je continue sur mon mode "gestion-gestion" afin de profiter au mieux de la course.
Peu à peu, la Sainte-Victoire apparait toujours aussi majestieuse.
La première ascension se fait par un chemin qui n'a de chemin que le nom tant la pente est sévère.
Le début de l'ascension se fait par un très sympa single track.
Puis peu à peu les choses se corsent au fur et à mesure qu'on se rapproche du "pas du clapier".
Et oui, c'est la haut qu'on doit grimper avec des passages proches davantage de l'escalade que du running trail.
On devine les coureurs et les bénévoles mais que ce passage est difficile...
Arrivé au sommet, la vue est superbe sur la provence, nous devons maintenant franchir la crête très escarpée et rejoindre le prieuré.
Le chemin est toujours aussi technique mais je souffre moins que 2 ans auparavant ou mes chevilles étaient en souffrance sur ce passage.
J'arrive enfin au prieuré, lieu de culte perdu dans la montagne.
Cette année, nous avons le privilège de passer à l'intérieur tout en prenant soin de ne pas déranger les promeneurs et les gens qui travaillent à sa restauration.
C'est reparti direction le premier ravitaillement...
La descente se fait d'abord sur un beau chemin puis se termine sur une interminable route goudronnée qui fait très mal aux articulations. C'est relativement frais que j'arrive au
ravito, je remplie ma poche à eau, avale une banane et repart vers la seconde ascension de la Sainte-Victoire par le "sentier des plaideurs".
Nous prenons tout d'abord une grande piste forestière en faux plat montant.
Peu à peu, les nuages font leur apparition dans le ciel et la température devient beaucoup plus fraiche.
Le sentier se poursuit par un beau single au milieu de la forêt puis la végétation se fait plus rare au fur et à mesure que l'on s'approche du sommet. Je suis toujours dans une forme correcte et
double quelques traileurs arretés sur le bord en train de reprendre des forces. Quel contraste avec il y a 2 ans ou c'était moi qui était à l'agonie dans cette montée...
Au sommet, nous devons de nouveau reprendre une crête qui doit nous emmener à la table d'observation de la Sainte-Victoire à plus de 1000 mètres d'altitude.
Les écarts entre coureurs commencent a être importants et, c'est seul, que je chemine le plus souvent. Toujours en forme et lucide, j'arrive enfin à la table d'observation au sommet. Les
spectateurs et promeneurs nous encouragent vigoureusement et c'est regonflé à bloc que je poursuis mon périple.
Après un très beau sentier en crête, j'aperçois enfin le second ravito qui jouxte une route et ou les spectateurs sont donc nombreux. Comme d'habitude, je remplis le camelback, mange un peu et
repart vers une nouvelle bosse qui est inédite sur le trail Sainte-Victoire. J'ai dans ce passage une crampe aux quadriceps, preuve que la ballade se termine et que les difficultés commencent
pour moi. D'autant plus que se profile la terrible descente de Puyloubier ou je vais jeter mes dernière forces. Je ferai cette descente très technique en compagnie d'un autre traileur très
sympathique mais tout autant fourbu que moi..
Arrivé enfin à Puyloubier au kilomètre 35, j'utilise le peu de lucidité qu'il me reste pour faire un bilan. J'ai bien profité du début de course, prit beaucoup de plaisir mais je vois bien que la
fin va être délicate pour moi.
je repars donc doucement de ce dernier ravitaillement, de nombreux coureurs me double et tant bien que mal, je vais gravir pour la troisième fois cette montagne via le refuge Beaudino cette fois.
Avec 2 coureurs, je me perd dans les vignes au début du col puis je maudis cette ascension qui n'en finit pas. Ce n'est pas la plus difficile des 3 mais comme elle se situe à la fin de la course,
les réserves sont à sec.
Au sommet, de formidables bénévoles m'encourage comme si j'étais le premier traileur et comme si j'allais gagner la course...
Il ne me reste plus que de la descente pour rentrer sur Rousset mais comme je suis cuit c'est lentement, très lentement que je vais rejoindre l'arrivée. Le parcours est maintenant le même qu'a
l'aller et Rousset semble s'éloigner progressivement. Mètre après mètre, j'arrive encore a courir même si c'est au rythme célèbre de l'escargot grippé...
C'est donc après 8 h 49 de course que je franchis la ligne d'arrivée. Je me restaure, profite du massage, et finalement je me trouve pas si mort que cela...
Epilogue :
- Même si j'ai peiné sur les 18 derniers kilomètres ( sur 53 à mon GPS et 2700 mètres de D+), je suis content de ma course qui confirme un léger ( j'ai bien dit léger) retour en forme.
- La preuve en est que j'ai mis seulement 2 jours a remarcher normalement alors qu'en 2008 j'avais mis une semaine a me débarrasser de ma démarche de canard.
- Cette course est superbe, très bien organisé et constitue une étape de choix pour mes futurs objectifs. Les sentiers sont très techniques et seront une rampe de lancement idéale pour l'UTMB et
le GRR.
A bientot pour de nouvelles aventures....
Ils participent